Entretien
Culture

Erik Truffaz : "Tous les styles, tous les univers m'intéressent"

Fesival des musiques des mondes moZ'aïque 2016
  • lehavre.fr : Comme beaucoup de trompettistes, vous semblez disposer d’une force de création très importante comme le prouve la sortie de votre 19e album ?

Erik Truffaz : C’est vrai que les grands trompettistes de jazz ont souvent enregistré un grand nombre d’albums ! Je pense que cela vient du fait que notre instrument se rapproche de la voix, et la voix se marie avec tous les styles de musique. A titre personnel, j’ai déjà enregistré avec des rappeurs, des chanteurs tunisiens, indiens...j’ai même fait de la musique pour accompagner des danseurs africains. Tous les styles, tous les univers m’intéressent !

  • lehavre.fr : Le titre de votre dernier album « Doni doni » vient-il justement d’un univers différent du jazz ?

E.T. : « Doni doni » signifie «  petit à petit » en dialecte malien. Cette influence africaine vient notamment de la participation de Rokia Traoré, une merveilleuse chanteuse malienne, sur mon dernier album. « Petit à petit » c’est également la manière dont se construit un album, où chaque musicien apporte une petite touche personnel.

  • lehavre.fr : Pouvez-vous justement nous dire un mot sur vos musiciens qui suscitent l’admiration à chacune de vos sorties et avec lesquels vous entretenez un rapport très particulier ?

E.T. : Ils sont effectivement excellents et singuliers. Benoît Corboz, mon clavier, est le fils d’un célèbre chef d’orchestre classique. Il était également, au début, mon ingénieur du son. Il enregistrait mes disques. Il participe d’ailleurs toujours aux enregistrements. Mon bassiste Marcello Giuliani, est à mes côtés depuis 1991 ! Nous avons fait beaucoup de projets ensemble. Nous nous connaissons parfaitement et n’avons pas forcément besoin de beaucoup parler pour nous comprendre. Enfin, Arthur Hnatek, le batteur, est le plus jeune d’entre nous. Il a 30 ans de moins que moi ! A 25 ans, il possède déjà un sacré talent. Il était déjà professionnel à 17 ans et jouait déjà à New York ! C’est vrai que l’ensemble forme un tout de grande qualité.

  • lehavre.fr : Etes-vous déjà venu au Havre ?

E.T. : Oui à plusieurs reprises et j’en garde de très bons souvenirs. Je ne me rappelle plus très bien du nom de la salle mais j’ai chez moi un super enregistrement d’un concert que nous avions fait au Havre. On en reparlait justement avec mon bassiste dernièrement, car il s’était tordu la cheville en descendant de scène et il a trainé la douleur pendant plusieurs semaines ensuite !

  • lehavre.fr : À quoi les spectateurs doivent ils s’attendre ? Un concert joyeux ? Un concert planant, reposant ?

E.T. : Non du tout. L’ambiance concert n’a rien à voir avoir un enregistrement. Ce ne sera ni planant, ni reposant. Le rythme est varié et plutôt énergique, avec des influences rock, hip-hop etc. C’est un peu comme un film, le rythme change constamment. C’est une sorte de pop-instrumentale.